La 13e semaine d’aménorrhée (SA) est une étape attendue : c’est la fin du premier trimestre, souvent juste après la première échographie. Beaucoup de futures mamans se demandent alors quel est le risque réel de fausse couche à ce stade. Voici ce que disent vraiment les sources officielles, sans chiffres inventés ni dramatisation.
Par Jasmine, nom de plume de la rédaction de Bebecalins · Mis à jour le 28 septembre 2026 · Notre charte éditoriale
Première précision importante : on ne trouve pas, dans les sources officielles françaises, de pourcentage propre à la 13e semaine. Les chiffres « semaine par semaine » qui circulent en ligne ne sont pas repris par l’Assurance Maladie ni par le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF). Ce qui est établi, en revanche, c’est l’ordre de grandeur global et la façon dont le risque se répartit au cours de la grossesse.
Chaque grossesse est unique : ces repères généraux ne remplacent pas l’avis de ta sage-femme ou de ton médecin, qui connaît ton dossier. Et si tu lis cet article parce que tu as des saignements ou des douleurs en ce moment, va directement à la section « Quand consulter » plus bas.
En bref :
- Une fausse couche précoce survient avant 14 SA : à 13 SA, on est donc encore, par définition, dans cette période.
- Selon l’Assurance Maladie, les fausses couches concernent environ 15 % des grossesses, et les fausses couches précoces sont de loin les plus fréquentes.
- Une fausse couche tardive (entre 14 et 22 SA) complique moins de 1 % des grossesses, selon le CNGOF.
- La cause la plus fréquente d’une fausse couche isolée est une anomalie du développement de l’embryon, le plus souvent chromosomique : ce n’est pas la faute de la mère.
- Saignements abondants avec malaise, douleurs, fièvre : appelle le 15.
Pourcentage de fausse couche à 13 SA : que sait-on vraiment ?
L’Assurance Maladie définit la fausse couche comme un arrêt spontané de la grossesse avant 22 SA. Elle est dite précoce avant 14 SA et tardive entre 14 et 22 SA. La 13e semaine appartient donc encore à la période « précoce », même si elle en est la toute fin.
Sur l’ensemble des grossesses, l’Assurance Maladie indique qu’environ 15 % se terminent par une fausse couche, et le CNGOF précise que la fausse couche précoce complique plus de 10 % des grossesses. Ces chiffres portent sur toute la période avant 14 SA : la plupart de ces pertes surviennent tôt, souvent avant même que la grossesse soit bien installée ou connue.
Passé 14 SA, les fausses couches deviennent nettement plus rares : moins de 1 % des grossesses selon le CNGOF. Autrement dit, quand une grossesse arrive à 13 SA et que l’échographie montre un embryon qui se développe normalement, la grande majorité des grossesses se poursuivent. Mais aucune source officielle ne permet de donner un pourcentage précis pour cette semaine-là, et nous préférons ne pas en inventer.
Pourquoi le risque diminue au fil des semaines ?
La majorité des fausses couches précoces sont liées à une anomalie du développement de l’embryon, qui conduit à un arrêt de la grossesse dans les premières semaines. Plus la grossesse avance sans problème, plus ces situations ont déjà eu l’occasion de se manifester : c’est pour ça que le risque baisse avec le temps.
Le risque individuel dépend aussi du contexte : âge, antécédents, maladies chroniques. L’Assurance Maladie rappelle par exemple que le risque de fausse couche augmente avec l’âge de la mère.
Les causes d’une fausse couche
Anomalies du développement de l’embryon
Selon l’Assurance Maladie, la cause d’une fausse couche isolée est le plus souvent une anomalie de développement, notamment chromosomique. Ces anomalies surviennent au hasard, lors de la fécondation ou des premières divisions des cellules. Elles ne sont liées ni à un effort, ni à un rapport sexuel, ni à une émotion.
Infections et maladies de la mère
Certaines infections en début de grossesse peuvent aussi être en cause. Des maladies chroniques mal équilibrées (diabète, maladie de la thyroïde par exemple) font partie des éléments que le médecin recherche en cas de fausses couches répétées, selon le CNGOF.
Causes des fausses couches tardives ou répétées
Quand les fausses couches se répètent (cela concerne environ 1,5 % des femmes selon l’Assurance Maladie) ou surviennent après 14 SA, d’autres causes sont recherchées : malformation de l’utérus, anomalie de la cavité utérine (polypes, fibromes), troubles hormonaux, anomalies de la coagulation, ou encore anomalies du col de l’utérus. Un bilan spécifique est alors proposé.
Facteurs de risque connus
Plusieurs éléments augmentent le risque de fausse couche. L’Assurance Maladie et le CNGOF citent notamment :
- l’âge maternel, en particulier après 35 ans ;
- le tabac, l’alcool et les drogues, ainsi qu’une consommation excessive de café ;
- le surpoids ou l’obésité ;
- un antécédent de fausse couche ;
- pour les fausses couches tardives : une malformation de l’utérus, certaines infections vaginales, un antécédent d’accouchement prématuré.
Avoir un ou plusieurs de ces facteurs ne veut pas dire qu’une fausse couche va arriver : ce sont des probabilités à l’échelle d’une population, pas un pronostic individuel.
| Période | Ce que disent les sources officielles |
|---|---|
| Avant 14 SA (dont 13 SA) | Fausse couche précoce : plus de 10 % des grossesses (CNGOF), environ 15 % au total selon l’Assurance Maladie |
| Entre 14 et 22 SA | Fausse couche tardive : moins de 1 % des grossesses (CNGOF) |
| Saignement au 1er trimestre | Dans 93 % des cas de saignement au 1er trimestre d’une grossesse intra-utérine, la grossesse évolue bien jusqu’à l’accouchement (Assurance Maladie) |
Ce qui peut aider : suivi et hygiène de vie
Il est impossible d’éliminer complètement le risque, puisque la plupart des fausses couches sont dues à des anomalies que personne ne peut empêcher. Quelques mesures restent utiles pour la santé de la grossesse en général :
- Suivi médical régulier : respecter les consultations et les examens proposés.
- Zéro alcool, zéro tabac, pas de drogues, et limiter le café.
- Maladies chroniques : garder un suivi avec le médecin qui les prend en charge.
- Médicaments : ne rien prendre sans en parler à ton médecin, ta sage-femme ou ton pharmacien.
- Sécurité alimentaire : prudence avec certains fromages au lait cru et produits crus, à cause de la listériose. Pour les détails, consulte notre fiche risques alimentaires et grossesse.
Que peut proposer l’équipe médicale ?
Tout dépend de la situation. En cas de saignements avec une grossesse qui évolue normalement, le CNGOF indique que le repos allongé, les vitamines ou les traitements hormonaux ne sont pas recommandés. En cas de fausses couches répétées ou d’anomalie du col au deuxième trimestre, un bilan et une prise en charge spécifiques peuvent être discutés avec l’obstétricien. Pour toute question sur un traitement, parle-en avec ton médecin.
Pour compléter tes lectures sur l’alimentation pendant la grossesse, tu peux aussi consulter nos conseils pratiques sur certains fromages.
Quand consulter ? Les signes à ne pas laisser passer
L’Assurance Maladie le rappelle : des saignements en début de grossesse ne sont pas une situation normale, même s’ils sont fréquents (environ 1 femme enceinte sur 4) et que la grossesse se poursuit bien dans la grande majorité des cas. Ils justifient toujours une consultation rapide avec ta sage-femme ou ton médecin.
Les signes qui peuvent évoquer une fausse couche sont notamment :
- des saignements vaginaux, légers ou abondants, parfois avec des caillots ou des débris ;
- des douleurs du bas-ventre, comme des contractions ou des douleurs de règles ;
- la disparition récente des signes de grossesse (nausées, tension des seins), à signaler à ta sage-femme ou ton médecin, surtout si elle s’accompagne de saignements ou de douleurs.
Appelle le 15 sans attendre si les saignements sont abondants, s’ils s’accompagnent d’un malaise, de vertiges, d’une grande faiblesse, de douleurs importantes ou de fièvre.
Ce qui se passe à la consultation
Le médecin ou la sage-femme fait un examen et, le plus souvent, une échographie pour vérifier l’activité cardiaque et la position de l’embryon. Un dosage sanguin de l’hormone de grossesse (hCG) peut être demandé. Si tu es de groupe rhésus négatif, une injection préventive peut être proposée selon la situation.
Si une fausse couche est confirmée, l’équipe t’explique les options de prise en charge. Sache aussi que l’Assurance Maladie prévoit un arrêt de travail indemnisé dès le premier jour, sans délai de carence, en cas de fausse couche avant 22 SA. Et n’hésite pas à demander du soutien : le CNGOF note que l’anxiété et la tristesse sont fréquentes dans les mois qui suivent.
Sources
- Fausse couche — ameli.fr
- Saignements gynécologiques du premier trimestre de la grossesse — ameli.fr
- Les pertes de grossesse : recommandations pour la pratique clinique 2014 — CNGOF (document hébergé par Gynerisq)
- Fausse couche et interruption médicale de grossesse : arrêt de travail sans délai de carence — ameli.fr
Cet article informe, il ne remplace pas l’avis d’un médecin, d’une sage-femme ou d’un pharmacien.
Questions fréquentes
Quel est le pourcentage de fausse couche à 13 semaines ?
Il n’existe pas de chiffre officiel propre à la 13e semaine. Les fausses couches concernent environ 15 % des grossesses selon l’Assurance Maladie, surtout avant 14 SA ; après 14 SA, elles touchent moins de 1 % des grossesses selon le CNGOF.
13 SA, est-ce encore le premier trimestre ?
Oui. Une fausse couche est dite précoce avant 14 SA et tardive entre 14 et 22 SA. La 13e semaine correspond à la fin du premier trimestre.
Quels signes doivent amener à consulter rapidement ?
Tout saignement en début de grossesse justifie une consultation rapide. Appelle le 15 en cas de saignement abondant, de malaise, de vertiges, de fortes douleurs ou de fièvre.
Peut-on prévenir toutes les fausses couches ?
Non. La plupart sont dues à des anomalies du développement de l’embryon que personne ne peut empêcher. Un bon suivi, l’arrêt du tabac et de l’alcool et le suivi des maladies chroniques restent utiles.
Le repos allongé évite-t-il une fausse couche en cas de saignement ?
Selon le CNGOF, le repos allongé, les vitamines et les traitements hormonaux ne sont pas recommandés en cas de saignement avec une grossesse qui évolue normalement. Le suivi se décide avec ton médecin.

